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Le blog de tocqueur-randonneur / pappy-jeff

La pêche en 20 000 ans d'histoire

On en apprend tous les jours,
Si le berceau et la pratique de la pêche au TOC revient au sud-ouest de la France, il n’y a malheureusement aucun écrit ancien sur ce sujet.
Personnellement je pense que le Toc et la pêche à la mouche sont apparu à très peut d’intervalle l’un de l’autre.
Saviez vous que l'origine de la pêche remonterait au moins 20000 ans, et qui a inventer la pêches?
Aujourd’hui cette question reste sans réponse
Le premier écrit connu qui mentionne cette pratique date du 1er siècle après J.C.
Effectivement Claudius Aélianus (écrivain romain) la mentionne pour la première fois après avoir vu les Macédoniens se servir de mouches grossières faites d'un hameçon en corne, entouré de laine et de plumes de coq.
Encore un sujet intéressant à découvrir, l'origine de la pêche.
Je vous propose de vous faire découvrir (ce que je connais) comme un feuilleton, afin de pouvoir donner son avis sur chaque paragraphe de ce vaste sujet, qui comme vous le savez et une passion pour chacun de nous LA PECHE

 

De la préhistoire au néolithique

Aucune histoire écrite n’évoque le souvenir de ces milliers d'années confuses où l'homme a appris à prélever, sur un monde hostile, ce qui lui était nécessaire à sa survie.
A peine sorti de l'animalité, il à donc appris à cueillir, à chasser et à pêcher.
De ce lointain passé, nous ne conservons que quelques traces tangibles: les harpons magdaléniens en os de renne ou les harpons du Mas-d'Azil dans l'Ariège, en bois de cerf, des instruments de pêche (et de chasse) qui ont entre 10 000 et 15 000 ans.

De ce paléolithique supérieur, nous avons aussi un brochet gravé sur une pierre de la grotte de Montesqieu-Avantès (Ariège) et, gravé autour d'un andouiller de cerf (pointes des bois de cerf) trouvé dans la grotte de Lortet (Hautes-Pyrénées) une scène montrant des cerfs et des saumons.

Puis le temps se réchauffe et le néolithique arrive, les hommes abandonnent les cavernes, les premiers fonds de cabanes le montrent, et ils abandonnent du même coup, au bord des rivages marins, où ils pêchent leurs tas d'immondices, les kjökkemmöddings, fais de débris de cuisine, de cendres, de coquillages marins, d'outils cassés en os ou en silex, de morceaux de poteries.
Ces décharges, pour utiliser un mot de notre temps, nous renseignent sur les poissons et les mollusques pêchés alors.

De Pharaon à Louis XIV (petit survol, nous en reparlerons)
Avec l'Egypte pharaonique, dès la XIIe dynastie, la pêche devient moderne: on y connaît l'hameçon, la nasse, le filet, et on y pêche en barque.
L’hameçon et le filet seront connus des hommes qui habitent la cité lacustres.
Avec l'âge les métaux, -300 à – 56 avant J.C. un peu avant notre ère, apparaissent des hameçons qui ressemblent aux nôtres; mais n'avait-on pas déjà utilisé quelques épines durcie au feu en guise d'hameçon et un crin de cheval ou une liane comme ligne?
En tout cas le bambou refendu, utilisé aujourd'hui encore pour certaines cannes à lancer, était connu il y a plus de 2000 ans ainsi que nous l'apprend Szu-ma Ts’ien (historien chinois né en -145 -86 av J.C)
Il est représenté sur une mosaïque romaine du IIIe siècle : un pêcheur près d'un phare, tenant une gaule en mains , le second sur une barque ne va pas tarder à ferrer un poisson qui vient d'avaler un hameçon.

Confucius se demandant comment rendre plus fort un morceau de bambou, voici la réponse de Lao Tseu tiré de ses mémoires.
Sachez que l'homme sage prend le bambou qu'il trouve au bord de la rivière, il le coupe dans le sens de la longueur pour en obtenir quatre morceaux, dont il enlève les parties creuses de ces morceaux, semblable au cerveau des ignorants; puis rapprochant les parties et les collant avec de la laque, il les entoure d'une liane qu'il trouve au bord de la rivière.
Ainsi il obtient un bambou plus petit que celui qu'il avait avant, mais plus fort
puisqu'il n'est composé que de parties fortes.



Plus tard Claudius Aelianus, mort en 230, décrira la pêche à la mouche, mais le premier grand ouvrage de pêche, on se plait à le reconnaître aujourd'hui, c'est celui d'Isaac Walton paru en 1653 : The Compleat Angler, ce qui se traduit par le (pêcheur à la ligne sans défaut) Philippe de Rothschild) ou par le parfait pêcheur à la ligne (Jérome Favard)


Sur le plan de la réglementation l'ordonnance de Louis XIV sur les eaux et forêts date de 1654:
notre législation aujourd'hui en est l'héritière sur bien des points, qu'il s'agisse des périodes de fermeture (les pêcheurs ne pourront pêcher pendant les temps de fraye... ) de l'obligation de laisser un espace libre de 30 pieds(9,84 m) côté chemin de halage, et de 10 pieds (3,28 m) sur l'autre bord, de l'obligation de curer les rivières, ou de lutter contre la pollution.

 

La pêche dans l'Egypte des Pharaons. De -3200 à – 38 av J.C

Il faut savoir que les Egyptiens avaient trouvés un système pour capturer l'anguille (angula vulgaris) qui par la suite fut vénérée par eux, car elle était perçue comme une des formes d'Atoum (dieux Egyptien qui c’est auto créé)
Dans l'Egypte des Pharaons, la pêche était une des principales activités.
Le Nil abondait de toutes sortes d'espèces de poissons; les hiéroglyphes et bas -reliefs attestent de l'importance de l'halieutique dans cette civilisation.

Les représentations artistiques.
Les hiéroglyphes permettent de se rendre compte des procédés et des engins employés sur les bords du Nil.
Les représentations de la ligne, tenue soit directement à la main, soit par l'intermédiaire d'une canne à pêche, sont fréquentes et semblent prouver
que ce n'était pas seulement une activité alimentaire, mais aussi une activité de loisir, du moins dans les hautes classes de la société égyptiennes.
Certaines peintures montrent un personnage assis à l'arrière d'un bateau
tenant une canne à pêche, tandis que des esclaves l'entourent pour l'éventer.

Des siècles plus tard Antoine et Cléopâtre s'adonneront eux aussi aux plaisirs de la pêche à la ligne.
Les plus anciens hameçons égyptiens qui ont été retrouvés sont en cuivre
et ne comportent pas d’ardillon, mais un œillet de fixation.
Des moulinets de grande dimension, découverts dans des tombeaux, devaient servir à enrouler les lignes utilisées pour la pêche au harpon ou à la foène. (trident de pêche à pied)
Mais c'est sur les filets et les nasses que les Egyptiens comptaient quand il s'agissait de capturer de grandes quantités de poisson.

Ils semblent avoir inventé toutes les formes de filets utilisés encore aujourd'hui, depuis l'épuisette jusqu'à la senne,(principe de pêche au filet) en passant par l'épervier, le carrelet, ou le filet droit maillant.

Tous ces engins sont aisément reconnaissables sur les peintures des tombeaux.
Peuple d'agriculteurs, les égyptiens s'intéressaient fort peu aux choses maritimes et ne pêchaient sans doute pas plus en mer qu'ils n’y naviguaient.
Le Nil et son delta leur fournissaient autant de poissons qu'ils pouvaient en désirer.


La pêche dans la Grèce antique.

Au contraire, dans la Grèce antique, c'est surtout en mer que la pêche s'est développée.
A cela, deux raisons principales : ses côtes découpées, baignées par une mer où abondent les plus délicieux poissons, invitent à pêcher et les ressources en poissons d'eau douce étaient rares, la plupart des rivières
s'asséchant pendant l'été.
Plutarque nous explique que les cours d'eau étant dédiés à quelques déesse ou nymphe, il eût été impie dans pourchasser les habitants.
Dans l'lliade et l'Odyssée, Homède fait référence, à la pêche et aux pêcheurs.
Aristote,dans son histoire naturelle, n'énumère pas moins de 110 espèces de poissons.
Plutarque, au 1er siècle, donne aux pêcheurs des conseils qui n'ont rien perdu de leur valeur.

Avant tout la gaule doit être assez forte pour résister aux secousses violentes du poisson qui a mordu, mais elle doit être aussi mince, car trop grosse, elle projetterait sur l'eau une ombre qui éveillerait la méfiance des poissons.

Le crin qui porte l'hameçon doit être aussi blanc que possible, car plus il est blanc et moins il est visible dans l'eau" (histoire de la pêche, Tomazi, Payot, Paris 1947).

Mais de tous les auteurs, c'est le poète latin Oppien, au début du IIIe siècle, qui découvrit le mieux les méthodes de pêche des anciens Grecs
Les pêcheurs distinguent quatre types différents de pêche.
Les uns se plaisent à faire usage des hameçons; ils en font l'instrument de guerre aux poissons en adaptant à l'extrémité de longs roseaux soit des crins de cheval artistement tressés, soit les fils d'un lin que leur doigt ont tissés.
D'autres préfèrent se servir de catères ou de cordons armés d'un grand nombre d'hameçons.


Certains emploient de grands filets de différentes formes et usages qui portent le nom, les uns d'amphiblestres, les autres de gryphées, d'autres de gamgames, d'autres encore de sagènes (ou seines) et mille autres du même genre, de ruses, et de formes diverses.
Certains trouvent plus commodes les curtes ou nasses qui comblent les vœux du pêcheur pendant son sommeil.
Il en est enfin, qui des bords des rivages ou de dessus leur barque, percent et enlèvent les poissons avec des tridents à pointes aiguës"(les halieutiques, Oppien, Labègue imprimeur, Paris 1817)

Voila si vous vous ennuyez en cette veille de nouvel an rien de plus reposant que de lire un résumé sur notre passion

 

 

La pêche dans la Rome antique
Chez les Romains, grands amateurs de poissons de mer, la pêche à la ligne en eau douce était considérée comme un amusement de campagne.

Martial vanta "la joie de sentir un poisson qui se débat au bout de la ligne vibrante"
Virgile, Juvénal, Horace, firent, dans leurs écrits, de fréquentes allusions à la pêche. Pline l'ancien et Ausone lui consacrèrent des poèmes
entiers.
Les empereurs Auguste et Néron pratiquèrent ce loisir avec passion.
Antoine, pour impressionner Cléopatre, commanda à des plongeurs d'accrocher des poissons au bout de sa ligne.
L'Egyptienne découvrit le stratagème, feignit d'admirer la technique et le bonheur d'Antoine et le lendemain, lors d'une deuxième partie de pêche
envoya ses plongeurs accrocher un poisson salé à l'hameçon d'Antoine.
Devant la mine déconfite du Romain, elle lui dit dans un grand éclat de rire : "Généal. laissez-nous la ligne, à nous qui régnons au Phare et à Canope, votre pêche à vous, c'est de prendre les villes, les rois et les continents.

Toutefois, dans l'Empire romain, les grands n'étaient pas seuls à apprécier les joies de la pêche.
On peut voir représenté sur une des fresques de Pompéi, un pêcheur à la ligne, assis au bord d'une rivière, tenant à la main un long roseau auquel est fixé un fil.
A ses pieds, un panier contient ses nombreuses prises.
Pour ce qui est de la pêche en mer, les Romains utilisaient les mêmes techniques que les Grecs : palangrotte, lignes de fonds, filets, nasses, harpons, et foènes.
Les hameçons destinés à la pêche en mer trouvés dans les fouilles de Pompéi ou l'Herculanum étaient longs et forts, en bronze ou en fer étamé.
Des modèles beaucoup plus petits, certainement destinés à l'eau douce, sont également connus.
Pline le Jeune (homme politique et écrivain 61 à 144) prônait ainsi la saveur des énormes truites qu'il prenait dans le lac de Cômes.

Que se passe t-il hors d'Italie

Au temps de la splendeur de l'Empire, Rome recevait des poissons, des crustacés, et des coquillages de toutes les parties des provinces conquises.
C'était vraisemblablement la Gaule qui fournissait la plus grande partie de ces approvisionnements, non seulement à cause de sa proximité, mais aussi parce que l'industrie de la pêche y était plus développée qu'ailleurs.
Selon Pline, ce sont les Gaulois qui découvrirent le procédé d'étamer les hameçons pour la pêche en mer.

Les ligures (peuple alpin protohistorique d'Europe) pêchaient sur tout le littoral de Provence et du Languedoc.
Les passages de thons géants que l'on capturait dans les madragues le long des rivages ligure et marseillais, les remontés de saumons dans toutes les grandes rivières qui se jetaient dans l'Atlantique ou dans la Manche , les myriades de muges et de loups dans les étangs du Languedoc, les nombreuses espèces de poissons excellents de la Moselle,
la ceinture presque continue d'huitrières qui bordaient les rivages gaulois
de l'océan, toutes ces richesses ont été rapportées par César dans ses récits de la Guerre des Gaulles.
Dans son poème Mosella, écrit la gloire de la Moselle, Ausone (309 ou 310 mort 394 ou 395) qui fut consul à Cologne, décrit dans le détail les poissons de contrées plus septentrionales: truite, ombre, saumon, perche, brochet, tanche, ablette, alose, silure

La pêche au moyen âge.

Pendant tout le Moyen Age, on ne sait que peu de choses sur la pêche, mais il ne semble pas que les techniques employées au temps des Romains aient beaucoup évolué.
En 1496 est imprimé à Westminster le traité de pêche à la ligne Treatyse
of Fisshyng Julyana Benners (ou Juliana Barmes) fille d'un conseiller du roi
Richard II.
Ce qui est étonnant pour l'époque, c'est l'affirmation du côté récréatif et
reposant de la pêche à la ligne.
Les conseillers donnés renseignement sur le matériel utilisé au Moye Age:
une baguette lisse de noisetier, de saule ou de tremble, percée dans le sens de la longueur, dont le scion est formé d'une tige de noisetier.
Les lignes étaient constituées de crin de cheval teints, les hameçons fabriqués avec des aiguilles en acier de section carré.
Enfin la partie la plus importante du traité donne, pour chaque espèce de poissons des îles Britanniques, des indications sur les appâts, les endroits,
les saisons, les particularités et les meilleurs techniques à mettre en œuvre.

Pêche du XII au XIX siècle.

Les innombrables traités de pêche qui suivirent celui de Dame. Julyana Berners ont pour l'essentiel repris ce plan et ses développements.
La plus célèbre d'entre eux, le Complete Angler d'Isaac Walton, publié en 1653, qui reste, avec trois cents éditions, le livre au plus grand nombre d'éditions différentes après la Bible, doit énormément au traité de Dame julyana. Berners, Walton a brodé, en ajoutant sa propre expérience, sur la trame que lui offrait le Treatyse of Fisshyng wyth an Angle.
a sélection de mouches artificielles copie mot à mot la liste de 1496; il en est de même pour les appâts, pâtes et amorces.

En France, à peu près en même temps que le Complete Angler, parut en 1660 la première édition des, Ruses innocentes dans lesquelles se voient comment on prend les oiseaux passagers et les non passagers, et de plusieurs sortes de bêtes à quatre pieds.
Avec les plus beaux secrets de la pêche dans les rivières et les étangs, et la manière de faire tous les rets et filets qu'on peut imaginer
Ce livre signé F.F.F.R.D.G.., autrement dit Frère François Fortin Révérend de Grammont dit : « Le Solitaire inventif », inaugurait un genre qui fut maintes fois repris jusqu’a la fin du XVIII siècle.
Au chapitre de la pêche y sont notamment décrites pour la première fois l'invention et la fabrication de l'épuisette.

Il faudra attendre plus de 150 ans pour qu'un ouvrage en langue française
apporte du nouveau en matière de pêche à la ligne.
Avec le pêcheur français publié en 1818, Kresz Aîné, qui était fabricant d'ustensiles de pêche et de chasse à Paris, pose les bases de la pêche sportive moderne, à peu de choses telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Extrait de l’article paru à cette époque
Je suis allé à Neuilly-sur-Marne, à trois lieues de Paris, vers la fin d'octobre 1818.
Il était à peu près 10 heures du matin lorsque j'arrivai.
Mon jeune élève m'attendait avec impatience.
Je lui dis : jetez maintenant votre appât, ce beau goujon fera bien l'affaire, au delà de ces herbes, et laissez- le descendre jusqu'au fond ; faites- le remonter jusqu'à qu'il soit près de la surface de l'eau; laissez- le descendre encore ...faites- le remonter tirez un peu à droite et à gauche laissez- le descendre de nouveau...faites- le remonter doucement...retirez vous un peu en arrière, et faites approcher l'appât du bord.
Rien a mordu?
Ne perdez pas patience ... jetez l'appât plus loin et recommencez à le faire remonter et descendre"
(Kresz Aîné , le pêcheur français, Audot Paris 1818)


C'est la technique dite du mort manié, utilisée aujourd'hui par des milliers de pêcheurs de sandres ou de brochets.
Pour la pêche à la mouche artificielle il faudra attendre quelques décennies, puisque ce n'est qu'en 1852 que Charles de Massas publie le : Manuel du pêcheur à la mouche artificielle.

Il faut bien cependant le reconnaître, la pêche stationnaire, telle qu'elle est généralement pratiquée, fournit et fournira toujours mille et un sujets à la satire.

Mais hâtons- nous de le dire, s'il est impossible de reconnaître tout ce que la pêche au coup produit de risible ou de funeste, il est une autre pêche qui bien qu' exercée à l'aide d'une ligne n'autorise pas les reproches adressées de toutes parts à ce célèbre instrument à deux bouts.
C'est la pêche de la mouche artificielle.
Autant la première exige d'abnégation intellectuelle et de nonchalance physique, autant la seconde demande d'études et d'activité"(Charles de Massas, Manuel du pêcheur à la mouche artificielle, Dusaq, Paris, 1852).

 

 

 

La pêche à la belle époque.

A la fin du XIX siècle, en pleine Belle- Epoque, paraît la truite de rivière d’Albert Petit.

Cette fois, les techniques et le matériel décrits sont essentiellement importés d'Angleterre, où la pêche de la truite et du saumon à la mouche est élevée au rang de noble sport réservé aux gens bien nés et fortunés
Albert Petit, conseiller référendaire à la cour des comptes, écrit: Quelle est la manière la moins gênante de porter l'épuisette?
Je n'hésite pas à répondre: c'est de la confier à un autre.
L’institution des porte-épuisette me paraît précieuse pour les pêcheurs au même titre que celle des porte-carnier est indispensable aux chasseurs...

Il n'y a pas à se dissimuler, l'instruction publique obligatoire a porté un coup à la corporation des porteurs d'épuisette.
Le recrutement devient de plus en plus précaire.
Les gamins dont la jeunesse vagabonde et contemplative s’écoulaient jadis entre la place du village où l'on joue au palet, la lisière du bois où l'on grignote un tas de choses en cherchant des nids, et le bord de la rivière si favorable à l'étude des ricochets, ces gamins- là disparaissent.
L'école primaire les ravit à la liberté, le pénible travail les disputes à l'insouciante flânerie et, dans cette pépinière de futurs braconniers, l'instituteur, grâce à une culture perfectionnée, fait vigoureusement pousser les anarchistes de demain.
C'est un progrès, je ne le nie pas, mais la pénurie de porte-épuisette et de porte-carnier est un fait que le législateur n'avait pas prévu "la truite de rivière, Albert Petit, Delagrave, Paris 1897)
Dans un article de la revue la pêche moderne, daté de mars 1898, est extrait ce passage qui apporte de précieux renseignements sur la pêche à Paris à la Belle Epoque:
Aux portes même de Paris l'un des plus aimables coins qu'on puisse rêver est le bassin de Bagatelle, en bordure du bois de Boulogne.
Là on se trouve au-dessus d'un barrage et à proximité d'un égout qui n'est autre que le déversoir des pièces d'eau du bois. Il y a foule !
Dans ce bassin très calme enfermé entre des barrages rapprochés, la projection rapide de l'égout amène une foule de poissons attirés par les détritus de plantes, les vers, les insectes que l'eau charrie en abondance.
Aussi faut-il voir les pêches intéressantes que font à cet endroit de simples pêcheurs de berges, des enfants, des débutants.
Il y a des spécialistes de l'ablette qui font leur demi cent à l'heure sans se gêner.
Le gardon quand il se met à donner, se pêche par dix et quinze livres, enfin je connais un malin qui ne manque pas un chevaine, tandis que son voisin s'acharne après les barbeaux dont il remplit de grands sacs à pomme de terre;
Il les pêche au fromage et il faut bien reconnaître qu'en été, par forte chaleur, cet appât n'est pas des plus ragoûtants, mais tellement efficace, tant cette espèce de poisson en est particulièrement friande.
Comment tout ce monde vit-il en bonne intelligence, comment tient-il en un si petit espace ?
Il s'agit de parisiens, c'est à dire de gens habitués à lutter avec toutes difficultés et à s'arranger, à se débrouiller toujours et quand même.
Que démontre ce récit sur la pêche?
Aujourd'hui ce n'est plus le cas vous prenez un poisson de trop on vous regarde d'un mauvais œil.

Partie de l'histoire de la pêche à travers les siècles.

Dans l'entre- deux-guerres, la pêche à la ligne est devenue un véritable phénomène social.
Maurice Genevoix dans la boîte à pêche, livre dédié à l'internationale des pêcheurs à la ligne, décrit l'enthousiasme et la liesse populaire que provoque un concours de pêche: il y a eu des convocations portées par le garde-champêtre, des réunions à la mairie, des roulements de tambour de ville, et des affiches, et même des notes dans les journaux: premier prix 30 F, deuxième prix 15 F, troisième 10 F.
Et de nombreux autres prix en espèces et en nature.
Toutes les fenêtres, grandes ouvertes, débordent de visages et de bustes penchés.- Les voilà! Les voilà! (la boîte de pêche, Maurice Genevoix, Grasset, Paris 1926)
Cet ouvrage, dont l'action se déroule sur les bords de la Loire, décrit dans le détail dans toutes les techniques de pêche pratiquées avant guerre.

La période moderne.

Après la seconde Guerre mondiale, on entre dans la période halieutique moderne, transformée par l'apparition de l'automobile et des matériaux synthétiques.
Le pêcheur voyage, il exerce sa passion dans toutes les eaux du monde.
Des ablettes de la Mayenne aux marlins noirs de la Grande Barrière australienne, toute une génération de pêcheurs, dans le sillage d'H'emingway et des grands pêcheurs sportifs américains, est persuadée que le poisson est devenu un adversaire trop précieux pour ne pas lui rendre sa liberté à l'issue du combat.( No Kill)

Aujourd'hui 30 000 ans après qu'un pêcheur de Cro-Magnon eut sculpté un saumon sur la paroi d'une grotte, la finalité de l'acte de pêche n'est plus de rapporter des protéines pour nourrir la tribu.
La pêche s'est transformée en loisir, en sport et la proie est devenue un adversaire que l'on respecte et qu'on n'est plus censé tuer.
Mais le no-kill (littéralement) : ne pas tuer, encore appelé catch and release (attraper et relâcher), qui consiste à rendre la liberté à tout poisson capturé, ne répond pas seulement à des considérations éthiques ou philosophiques.
C'est aussi un mode de gestion halieutique incontournable, qui permet, dans tous les pays qui le mettent en pratique, de préserver une pièce sportive de qualité.
La "graciassions " des poissons, comme on dit au Québec, permet non seulement à plusieurs pêcheurs de profiter d'adversaires de plus en plus éduqués et difficiles à tromper, mais également assure, par la reproduction naturelle des géniteurs épargnés, l'avenir de ce sport.
On peut déplorer qu'à ce sujet de trop nombreux pêcheurs en soient encore à l'âge de pierre.
Ils n'ont pas compris que seul un comportement qui respecte le milieu et ses habitants permettra le retour et le maintien d'une pêche de qualité pour tous.

Techniques et pratiques
La pêche à la mouche artificielle.

La pêche en eau douce était peu pratiquée par les Grecs, mais il est impossible de passer sous silence la première mention qui n’ait jamais été faite de la pêche à la mouche artificielle.
C'est en Macédoine, province où les rivières, en été, gardaient assez d'eau pour que la pêche à la ligne y fût pratiquée, qu'Aelien décrit cette technique, dans son ouvrage De animalium natura.
La première mouche artificielle, imitant une éphémère, alors nommée
"hip-pouros" est ainsi à l'aide d'un fil de laine rouge enroulée autour de l'hameçon, auquel on fixe deux plumes couleur de cire qui se trouvent sousles barbes du coq.
La mouche ainsi réalisée est lancée à la surface de l'eau à l'aide d'une gaule de six pieds et d'une ligne d'égale longueur;elle est destinée à attraper les truites à peau tachetée.

La pêche au poisson mort manié.

Plus de deux millénaires avant Albert Drachkovitch, les grecs avaient également inventés la pêche au poissson mort manié.
Oppien raconte comment les pêcheurs de la mer Egée capturaient l'anthéas, qui n'est autre que le denté. http://fr.wikipedia.org/wiki/Dent%C3%A9_%C3%A0_gros_yeux
On se sert d'un hameçon double dont on garnit les crochets avec un loup
de mer (bar) vivant si possible.
Si l'on n'a qu'un poisson mort, on se hâte de lui adapter, au-dessous de la bouche, un lingot de plomb. la ligne ainsi garnie est traînée, à l'arrière de la barque.
A caque impulsion donnée par les rames, la tête du poisson se relève, à chaque arrêt elle retombe rappelée par le plomb, on le croirait en vie (op.cit)

La pêche au Toc

Ainsi nommée suite à la secousse ressentie dans les doigts de la main qui tient le fil, lorsque la truite se saisit de l’appât
Pêche uniquement aux appâts naturels, comparable un peut à la traque, car il faut allez chercher le poisson dans ses caches naturelles.
De nombreux livres existe sur cette pratique, je ne saurais trop vous recommander les ouvrage de "avec dame truite" de Léon Foch qui restera la référence de tous les pêcheurs au toc, mais aussi Arias, Lamoure, Ducos, Sempé, et bien d'autres...
Sans oublier tous les CD et vidéos, ne sommes nous pas au temps de l'informatique.

Voilà la fameuse épopée de la pêche d'hier et d'aujourd'hui est terminée, et à travers tout ce que j'ai pu vous proposer comme lecture, j'espère que cela vous a apporté un petit plus dans la connaissance de l'histoire de la faune et du monde halieutique.
Certainement que certains oublis ont été commis, ou pas assez développés je m’en excuse auprès de vous
Halieutiquement
pappy-jeff

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